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L'Artothèque au Musée
Depuis quatre ans, l'Artothèque du Limousin et le Musée d'art et d'archéologie de la Ville de Guéret s'associent pour une manifestation originale : les œuvres d'art contemporain de la collection de l'Artothèque s'invitent au musée pour dialoguer avec les collections patrimoniales. Une façon de proposer d'autres regards sur les collections, mais aussi de mettre à jour les nombreuses passerelles qui existent entre l'art contemporain et le patrimoine, de l'archéologie à la peinture classique en passant par l'histoire naturelle. Chaque année, pendant deux mois, les visiteurs sont également invités à faire l'expérience d'emporter chez eux une œuvre de la collection de l'Artothèque. Des ateliers avec les artistes, des conférences sont également organisés pendant toute la durée de l'exposition.
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Bibliothèque de Royère de Vassivière, les enfants ayant participé à l'accrochage, 2009 |
L'Art en lieux Opération réalisée par l’Artothèque du Limousin et le Faclim, le Centre international d’art et du paysage,
L'ART EN LIEUX, UN ÉVÉNEMENT QUI RASSEMBLE Cependant, ici, la formule est insolite. Malgré l’absence de salle adéquate pour une exposition d’art contemporain, la volonté d’amener des œuvres au plus près de la population l’emporte sur un handicap qui semble a priori rédhibitoire. |
L'Art en lieux, en savoir plus
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Art en lieux Rencontres buissonnières – 2de édition – 2006
Je t’aime… Moi non plus – 3e édition – 2007
Il est loin l’océan – 4e édition – 2009
Et voilà le travail ! – 5e édition - 2010 Le jeudi 8 juillet 2010, la Mairie de Royère de Vassivière, l’Artothèque du Limousin et le Centre international d’art et du paysage ont eu le plaisir de convier le public à un apéritif festif avec tous les participants autour d’une architecture gonflable de Hans Walter Müller pour y échanger les regards comme les expériences autour de l’art contemporain.
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Hippolyte Hentgen, 2009 |
Quartiers d'hiver
La Bfm et l’Artothèque du Limousin se sont associées pour produire et présenter une carte blanche offerte à Semiose éditions. Quatre jours pour rencontrer des oeuvres, échanger avec les artistes, devenir collectionneur pour un jour ou pour toujours. Au sein d’un lieu ouvert à tous, la Bibliothèque francophone multimédia, relais de l’Artothèque du Limousin, Semiose et l’Artothèque proposent des oeuvres à acquérir et à emprunter. Quatre jours de découvertes, de surprises, de rencontres, d’opportunités, quatre jours pour l’art contemporain. |
Quartiers d'hiver, en savoir plus

Le mode de fonctionnement d’une artothèque se définit essentiellement par la capacité à prêter des œuvres d’art, il est fondé sur l’appropriation et l’expérimentation des démarches artistiques dans la durée.
C’est cet aspect particulier de la relation à l’œuvre qui constitue l’enjeu du partenariat actif rassemblant la Bibliothèque francophone multimédia de la Ville de Limoges et l’Artothèque du Limousin depuis 1998. La Bfm accueille depuis cette date le relais de prêt d’œuvres aux particuliers de l’Artothèque. L’emprunt y est gratuit. Le patrimoine régional que constitue la collection de l’Artothèque du Limousin est ainsi directement accessible à chacun d’entre nous : une proposition unique en France.
En décembre 2009, c’est une carte blanche à Semiose éditions qui nous réunit avec le même objectif : faire en sorte qu’une autre proposition unique puisse être faite au public de notre ville et de notre région. La production, l’édition d’œuvres d’art contemporain montrées pour la première fois pendant les quatre jours de « Quartiers d’hiver » va en effet offrir à chacun d’entre nous la possibilité concrète de devenir un collectionneur d’art contemporain.
Ces œuvres, nous les avons souhaitées accessibles : accessibles bien sûr grâce à la qualité et à la diversité des démarches artistiques choisies par Semiose, accessibles aussi parce qu’elles sont diffusées à des prix étonnants en regard de l’idée souvent préconçue que beaucoup d’entre nous ont du « marché de l’art ».
Ces quatre journées ont aussi l’ambition de nous interroger sur la place que nous accordons à l’art dans notre vie quotidienne. Nous avons donc souhaité débattre ouvertement en associant artistes, collectionneurs, producteurs et diffuseurs.
« Quartiers d’hiver » vous propose d’échanger, de rencontrer les artistes et les autres acteurs de ce projet, d’être surpris, ému, de réfléchir, de rire aussi : tout ce qui peut rendre un moment de vie passionnant !
Catherine Texier, directrice de l’Artothèque du Limousin
documentation céline duval, Fréhel, 2009.
24 p. noir et blanc, 29 x 43 cm.
voir le document pour les publics
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Vues générales de l'exposition Quartiers d'Hiver, 2009, Bibliothèque francophone multimédia de Limoges
Coproduction des œuvres d’Anne Brégeaut, David Dubois, Hippolyte Hentgen, Joël Hubaut, Jacques Julien, Guillaume Pinard et Taroop & Glabel, par l’Artothèque du Limousin en partenariat avec La Bfm (Bibliothèque francophone multimédia) de Limoges et Semiose éditions, dans le cadre de la manifestation Quartiers d’Hiver.
La question de la relation quotidienne avec l’œuvre d’art est au cœur du partenariat actif entre l’Artothèque du Limousin et la Bibliothèque francophone multimédia. Cette préoccupation trouve tout naturellement son prolongement dans la carte blanche offerte à Semiose, galerie engagée depuis longtemps dans la diffusion la plus large possible de l’art contemporain.
L’idée est de proposer au grand public des œuvres d’art contemporain accessibles : accessibles bien sûr avec la qualité et la diversité des démarches artistiques choisies par Semiose, accessibles aussi parce qu’elles sont diffusées à des prix étonnants en regard de l’idée souvent préconçue que beaucoup d’entre nous ont du «marché de l’art ». Montrées et vendues sur place pendant la manifestation, ces œuvres continuent d’être diffusées par Semiose. Un exemplaire de chaque œuvre a intégré la collection de l’Artothèque.
Toujours ou jamais
Marc Pataut. Editions Liénart, 2009
En octobre 2003, dans le cadre d’une convention de jumelage « Culture à l’hôpital » avec le CHU de Limoges, l’Artothèque du Limousin invite Marc Pataut, artiste enseignant la photographie à l’École des beaux-arts de Paris, à pénétrer, à résider dans l’hôpital, de façon à ce que sa parole, son œuvre, s’y construise, fondée sur la rencontre avec la parole des patients.
« Lorsque j’entreprends un projet, je travaille, les gens travaillent. Le temps me permet de comprendre, de changer de position, mais il permet aussi la même chose à autrui. C’est un aller-retour. »
« Après vingt-cinq ans de pratique, je sais mettre les gens en situation de parler, mais ce qui m’intéresse c’est que cette parole soit revendiquée, qu’elle ne soit pas une parole simplement captée ; c’est de faire en sorte que les gens aient envie de produire cette parole, cette forme que l’on va construire ensemble...» . Marc Pataut
Toujours ou jamais - Manteau -
Toujours ou jamais, en savoir plus
Ces échanges, ces allers-retours dont parle Marc Pataut, vont également impliquer les familles des adolescents concernés. La qualité de la collaboration avec le chef de service de pédopsychiatrie, Jean-François Roche, et l’ensemble de l’équipe soignante, associés dès le début au projet et partenaires indispensables de la réalisation, a été déterminante.
« La place de l’artiste est tout à fait fondamentale dans ce lieu pour ces adolescents… Cette rencontre se situe dans un champ extérieur au thérapeutique. Ambigu, car les adolescents participent à cet atelier du fait même de leur pathologie, cet espace est une préforme d’expérience culturelle dans sa dimension d’intimité parce qu’universelle et d’universalité parce qu’intime ; préforme car, pour ces adolescents, cette rencontre est impossible dans leur vie ordinaire et quotidienne. » Professeur Jean-François Roche
Marc Pataut va intervenir pendant trois ans. Chaque mois, il travaille pendant plusieurs jours avec les adolescents hospitalisés. Il installe son matériel dans la salle d’activités, où auront lieu les principales séances de portraits, mais circule aussi dans le reste du bâtiment, cuisine, salle commune, terrasse, jardin — à l’exception des chambres, et de l’étage qui accueille de plus jeunes enfants. Au moment des premiers contacts, la majorité des adolescents qu’il rencontre sont victimes de troubles du comportement alimentaire. Au fil du temps, cette unité de soins va s’ouvrir à des adolescents victimes de toutes sortes de souffrances psychiques.
Fin 2006, le projet éditorial, pensé dès le départ comme la forme principale du travail, va commencer à se mettre en place. Il faudra deux ans avant de pouvoir finaliser l’ouvrage à la fois pour penser la forme artistique (plus de 9000 images produites) et pour rechercher les partenariats nécessaires (mécénat). L’ambition de ce travail a été de faire en sorte qu’une pensée, une production artistique, fondée dans un hôpital, ne reste pas uniquement dans le champ du «social» mais qu’elle puisse trouver un écho plus large, et acquérir la dimension universelle de toute œuvre d’art.
Le livre
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Toujours ou jamais, le livre produit à l’issue de la résidence, publié par les éditions Liénart, mêle les photographies réalisées
Le livre est disponible en librairie, ou sur demande auprès de l’Artothèque du Limousin, au prix de 39 €. |
Les textes
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Le livre comporte plusieurs textes produits par les adolescents et des échanges avec des soignants constituant des témoignages directs ou indirects de l’expérience, ci-dessous des extraits choisis.
«L’hôpital ne s’arrête jamais. Lieu du service public par excellence, l’hôpital est toujours accueillant, toujours prêt pour les petites et grandes détresses. Un monde de vitesse fait pour le cinéma, pour les reportages d’action, ou les fictions sur les services d’urgence. Ballets d’internes, noria d’ambulances, décisions rapides, gestes incisifs, opérations in extremis, course pour la vie en somme. Dans cet univers du mouvement, un artiste arrive, grâce au programme « Culture à l’hôpital » et à notre partenariat avec l’Artothèque du Limousin. Cet artiste est photographe, il est symboliquement l’homme qui prend le temps, fixe les choses. Il prend le temps de comprendre les rites parfois déroutants de la tribu hospitalière. Puis il se tourne vers l’essentiel, le patient. Ici, en psychiatrie, le patient est l’adolescent qu’il faut accompagner sur la durée, dans la patience, sans attendre de guérison subite. Le mal, s’il se soigne, prend lui aussi son temps. Trois années de résidence… L’artiste, Marc Pataut, choisit une approche modeste. Il sait, comme les psychiatres eux-mêmes, que la modestie est la condition de l’efficacité. (...) Le résultat est doublement intéressant. D’un côté, les hospitaliers ont pris le temps de s’arrêter dans leur course, ils ont perçu leur quotidien sous un jour nouveau, ils ont découvert le travail de l’artiste et une nouvelle forme de langage chez leurs patients. De l’autre côté, les jeunes se sont révélés photographes et poètes. » (...) Philippe Vigouroux, extrait de la préface de Toujours ou jamais, 2008.
Pédopsychiatre, Jean-François Roche a exercé au CHU de Limoges puis au Centre Hospitalier Spécialisé Esquirol. Il a été rapidement convaincu que la présence et le travail de Marc Pataut pouvaient faire émerger de nouvelles formes d’expression. « Un des moments passionnants du travail de Marc, c'est la réalisation des murs d’images. Il ne fait rien d’autre que mettre des photographies les unes à côté des autres. Si je prends l'exemple du montage réalisé avec les photos de Virginie : la juxtaposition permet de sortir de la représentation unique, de ce geste consistant à se tailler les veines. Quand on connaît l’histoire de Virginie, ce qui est intéressant, c’est qu’elle se photographie non pas en train de se mutiler, mais en train de faire le geste de se mutiler. Ce qui n’est quand même pas la même chose. En fait, je pense que l’art-thérapie n’existe pas. Prenons l'exemple tout à fait extraordinaire de Mathilde photographiant ses vêtements sur son lit. La jeune fille parvient à ce moment-là à quelque chose d'extrêmement chargé émotionnellement pour les gens qui la connaissent. Cette photo apporte un certain nombre de réponses, mais parallèlement ce n’est pas cela qui l’a soignée. Mathilde n’était pas dans une thérapie quand elle l'a réalisée. Cette photographie dit quelque chose qui a à voir avec sa sensibilité, avec ses perceptions… C’est d'une certaine manière une représentation qui parle d’elle, de sa vie d'adolescente, mais qui ne parle pas d’elle dans son traitement d’adolescente anorectique. Il est pourtant évident que l'image parle d'elle en tant qu'anorectique, de son corps, d’un corps qui disparaît, d'un corps qui se dissout. Mais les questions « Pourquoi est-ce que vous en arrivez à faire cette image-là ? », « Qu’est-ce que ça peut bien vouloir signifier ? », « Quelles sont les associations que vous faites ? », « À quoi ça vous fait penser ? », etc., ne relèvent pas de cette démarche. Il faut simplement regarder l'image produite. Comme toute expression, elle suscite en nous un certain nombre d’émotions. Ce sont ces émotions que l'on va pouvoir utiliser ensuite. Quand je vais parler de la photo de Mathilde, je vais parler de moi regardant cette image." « On n’a jamais défini un espace en disant « Voilà, c’est l’espace de Marc, et la porte est close pendant quarante-huit heures, il faut tout ranger parce qu’il va arriver ». Il s’est installé au milieu de ce qui préexistait. C’est tout l’intérêt de cette idée d’interaction que j’évoquais. Placé dans cet espace, qui sans être aseptisé, sans être un espace soignant, est un des espaces de vie de l'institution dont une des fonctions principales est d’être soignante, l'artiste va interpeller et être interpellé. » Morgane a été hospitalisée durant trois ans environ, d’abord en hospitalisation complète, puis pour un suivi hebdomadaire avec le docteur Roche. Présente lors des premières interventions de Marc Pataut, elle s’est d’abord tenue à l’écart avant de s’impliquer de plus en plus résolument dans le projet. Aujourd’hui elle a repris ses études et termine une licence de lettres. « Il y a mon corps abîmé, échoué sur une chaise inconfortable. Derrière lui, une large tenture noire ; devant lui, un appareil photographique géant. Dissimulé sous les plis d’un voile obscur, un photographe. Si l’on a pensé que me photographier pouvait avoir son utilité, c’est peut-être parce que, selon un point de vue bien spécifique, on a cru que j’étais à même d’apporter quelque chose de sincère, de beau ? J’ai horreur d’être photographiée, filmée, de voir mon image s’imprimer sur toutes sortes de supports, contempler le reflet de ce que j’abhorre le plus au monde. Disons qu’à cet instant précis, je n’étais plus confrontée à moi-même, mais au regard de l’artiste. J’avais davantage confiance en Marc qu’en moi-même, comme s’il avait la faculté de dompter ce corps que je ne contrôle plus, dont je ne parviens pas à effacer les épreuves du passé et du présent. Sans avoir à me surveiller dans l’ombre d’un miroir, j’avais le sentiment de lui donner ce qu’il attendait de moi. Il y avait comme une intimité entre le photographe et ce personnage aux multiples facettes, tantôt romantique, tantôt exotique, dont j’accaparais les regards et les attitudes. J’avais l’impression de connaître la clé de ce que Marc recherchait en moi ». |















