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Image l'Artothèque au Musée 2010


Installation de l’œuvre de Stéphane Lallemand au Musée d’art et d’archéologie de Guéret.

Collection de l’Artothèque du Limousin :
Stéphane LALLEMAND, L’origine de la perspective
, 2009, photographie, format 79 x 150 cm.

Collection du Musée : Auguste LELOIR, Portrait d'Héloïse Leloir, Huile sur toile. FANTIN-LATOUR, La tentation de Saint Antoine, Huile sur toile.


L'Artothèque au Musée
Quatre éditions : 2007-2010

Musée d'art et d'archéologie, Ville de Guéret (23)

 

Depuis quatre ans, l'Artothèque du Limousin et le Musée d'art et d'archéologie de la Ville de Guéret s'associent pour une manifestation originale : les œuvres d'art contemporain de la collection de l'Artothèque s'invitent au musée pour dialoguer avec les collections patrimoniales.

Une façon de proposer d'autres regards sur les collections, mais aussi de mettre à jour les nombreuses passerelles qui existent entre l'art contemporain et le patrimoine, de l'archéologie à la peinture classique en passant par l'histoire naturelle.

Chaque année, pendant deux mois, les visiteurs sont également invités à faire l'expérience d'emporter chez eux une œuvre de la collection de l'Artothèque. Des ateliers avec les artistes, des conférences sont également organisés pendant toute la durée de l'exposition.

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Voir le diaporama des expositions

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Voir les cartons (2008, 2009, 2010) (pdf - 1 Mo)

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Cartels des œuvres exposées (2009 et 2010) (pdf - 2,20 Mo)

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Ramon. A propos de l'hommage à Dziga Vertov (pdf - 285 Ko)

 

 

 

Image L'Art en lieux

Bibliothèque de Royère de Vassivière, les enfants ayant participé à l'accrochage, 2009


L'Art en lieux

Opération réalisée par l’Artothèque du Limousin et le Faclim, le Centre international d’art et du paysage,
Île de Vassivière et la Mairie de Royère de Vassivière.

 

L'ART EN LIEUX, UN ÉVÉNEMENT QUI RASSEMBLE
Permettre la découverte d’œuvres d’art, permettre à chacun de regarder, observer, s’étonner, se questionner, s’émouvoir, apprendre, c’est la démarche naturelle, classique de toute exposition. « L’art en lieux » à Royère n’y déroge pas.

Cependant, ici, la formule est insolite. Malgré l’absence de salle adéquate pour une exposition d’art contemporain, la volonté d’amener des œuvres au plus près de la population l’emporte sur un handicap qui semble a priori rédhibitoire.
Les œuvres ne peuvent pas être présentées dans un même lieu ? Qu’à cela ne tienne, elles sont dispersées ! Les abritent des endroits publics ou privés où chacun peut aller pour ses courses ou ses affaires. C’est avec chaleur et plaisir que des commerçants, des responsables associatifs, des représentants d’institutions les hébergent et échangent leurs regards. Osons parler ensemble d’art comme nous le faisons du dernier film que nous avons vu. A Royère de Vassivière, les hôtes nous convient à découvrir et parler des œuvres qu’ils accueillent sous leur toit.

 

L'Art en lieux, en savoir plus

Image l'Art en lieux 2010

à la pharmacie en 2010,
une photographie de Édouard Levé.

 

 

Image l'Art en lieux 2009

à la Poste en 2010, trois sérigraphies du Groupe des Malassis.

Art en lieux

Rencontres buissonnières – 2de édition – 2006
Il s’agit, lors de cette seconde édition, d’aller au-delà d’une simple exposition. Choisir une œuvre pour soi procède d’une action intime qui ne suppose pas nécessairement de partager ses motivations, ses préférences ou encore ses interrogations. À Royère de Vassivière l’expérience à laquelle les habitants se sont si volontiers prêtés, a conduit chacun des hôtes à s'improviser « médiateur », c’est-à-dire, à échanger autour des œuvres choisies avec les visiteurs ou encore avec les personnes qui étaient amenées à fréquenter tel commerce ou telle institution de la vie publique locale.

 

Je t’aime… Moi non plus – 3e édition – 2007
Si le principe reste le même : des collectivités publiques ou privées de la Commune de Royère de Vassivière accueillent des œuvres d’art contemporain, choisies par leurs hôtes, un fil d’Ariane conduit l’apparente diversité de la sélection d’œuvres. Le titre, emprunté à une chanson de Serge Gainsbourg, nous amène à découvrir des œuvres qui interrogent notre sensibilité comme nos affects, qui sont finalement le terreau d’un partage ou d’un échange, que nous avons souhaité inédit.

 

Il est loin l’océan – 4e édition – 2009
Grâce à la participation active de l’école de Royère de Vassivière, une trame narrative composée des quelques mots suivants a émergé : « Il est loin l’océan… ». Ce titre devient tour à tour l’évocation d’un voyage lointain, représentation et projection de l’imaginaire, abstraction, prétexte à aller voir derrière les montagnes, à aller toucher l’eau salée et la douceur de l’écume, à deviner ce qui est caché derrière l’écran du tableau noir. « Tu sais, lorsque ton regard va vers l’infini… il est peut-être là l’océan…» (élève de  CM1).
Ne nous racontons-nous pas notre propre récit, incertain mais ouvert ? N’avons-nous pas déjà rêvé un jour de partir à la recherche de lieux inconnus ? Aussi, nous avons pris le temps cette année de partir en voyage, de prendre des vacances à l’école autour des œuvres d’artistes de la collection de l’Artothèque du Limousin, de prendre connaissance de notre regard qui se plait à perdre son trajet, de découvrir notre image qui se reflète dans les yeux de l’autre entre deux clignements.

puce Voir le livret (pdf 935 Ko)

 

Et voilà le travail ! – 5e édition - 2010
Chaque été, à travers une sélection d’œuvres issue des collections de l’Artothèque du Limousin, les collectivités et les artisans de la commune de Royère de Vassivière ouvrent leurs portes à l’art d’aujourd’hui afin de faire découvrir les diverses pratiques contemporaines en dehors du cadre institutionnel.
Et voilà le travail ! met en avant le dynamisme et l’enthousiasme pour la culture de cette petite ville en proposant un choix d’œuvres qui interroge la notion de travail : les activités et les productions de l’homme, sa valeur sociale et culturelle, ou bien encore le rôle de l’artiste. Dans un sens large – économique, politique et artistique –, le travail apparaît comme un processus de vie fondamental dont les oeuvres se font ici les témoins.
Dans ce rapport à la fois intime et ouvert à tous que représente le projet Art en lieux, les œuvres s’approprient les lieux et inversement.

Le jeudi 8 juillet 2010, la Mairie de Royère de Vassivière, l’Artothèque du Limousin et le Centre international d’art et du paysage ont eu le plaisir de convier le public à un apéritif festif avec tous les participants autour d’une architecture gonflable de Hans Walter Müller pour y échanger les regards comme les expériences autour de l’art contemporain.
Depuis maintenant trente ans, Hans Walter Müller invente des architectures d’air à habiter « les gonflables ». Architectures vagabondes, elles sont ludiques, fantastiques et inhabituelles. En 2007, Hans Walter Müller créait trois nouvelles architectures pour le bois de sculptures de l’île de Vassivière.

puce Voir le livret (pdf 930 Ko)

 

 

 

Visuel invitation Quartiers d'Hiver

Hippolyte Hentgen, 2009

Quartiers d'hiver
Quatre jours pour l'art contemporain
Du 2 au 5 décembre 2009 - Bibliothèque francophone multimédia de Limoges (87)

 

La Bfm et l’Artothèque du Limousin se sont associées pour produire et présenter une carte blanche offerte à Semiose éditions. Quatre jours pour rencontrer des oeuvres, échanger avec les artistes, devenir collectionneur pour un jour ou pour toujours. Au sein d’un lieu ouvert à tous, la Bibliothèque francophone multimédia, relais de l’Artothèque du Limousin, Semiose et l’Artothèque proposent des oeuvres à acquérir et à emprunter.
Une opération exceptionnelle pour laquelle Semiose a spécialement édité un ensemble d’estampes et des objets, autre forme de multiples pensés par les artistes comme autant d’œuvres originales.

Quatre jours de découvertes, de surprises, de rencontres, d’opportunités, quatre jours pour l’art contemporain.


Quartiers d'hiver, en savoir plus

 

Le mode de fonctionnement d’une artothèque se définit essentiellement par la capacité à prêter des œuvres d’art, il est fondé sur l’appropriation et l’expérimentation des démarches artistiques dans la durée.
C’est cet aspect particulier de la relation à l’œuvre qui constitue l’enjeu du partenariat actif rassemblant la Bibliothèque francophone multimédia de la Ville de Limoges et l’Artothèque du Limousin depuis 1998. La Bfm accueille depuis cette date le relais de prêt d’œuvres aux particuliers de l’Artothèque. L’emprunt y est gratuit. Le patrimoine régional que constitue la collection de l’Artothèque du Limousin est ainsi directement accessible à chacun d’entre nous : une proposition unique en France.

Photographie documentation céline duval, 2009En décembre 2009, c’est une carte blanche à Semiose éditions qui nous réunit avec le même objectif : faire en sorte qu’une autre proposition unique puisse être faite au public de notre ville et de notre région. La production, l’édition d’œuvres d’art contemporain montrées pour la première fois pendant les quatre jours de « Quartiers d’hiver » va en effet offrir à chacun d’entre nous la possibilité concrète de devenir un collectionneur d’art contemporain.
Ces œuvres, nous les avons souhaitées accessibles : accessibles bien sûr grâce à la qualité et à la diversité des démarches artistiques choisies par Semiose, accessibles aussi parce qu’elles sont diffusées à des prix étonnants en regard de l’idée souvent préconçue que beaucoup d’entre nous ont du « marché de l’art ».

Ces quatre journées ont aussi l’ambition de nous interroger sur la place que nous accordons à l’art dans notre vie quotidienne. Nous avons donc souhaité débattre ouvertement en associant artistes, collectionneurs, producteurs et diffuseurs.
« Quartiers d’hiver » vous propose d’échanger, de rencontrer les artistes et les autres acteurs de ce projet, d’être surpris, ému, de réfléchir, de rire aussi : tout ce qui peut rendre un moment de vie passionnant !


Catherine Texier, directrice de l’Artothèque du Limousin

 
documentation céline duval, Fréhel,
2009.
24 p. noir et blanc, 29 x 43 cm.

 

   voir le carton

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Vue 1 de l'exposition Quartiers d'Hiver
Vue 2 de l'exposition Quartiers d'Hiver
Vue 3 de l'exposition Quartiers d'Hiver

Vues générales de l'exposition Quartiers d'Hiver, 2009, Bibliothèque francophone multimédia de Limoges

 

puce Coproduction des œuvres d’Anne Brégeaut, David Dubois, Hippolyte Hentgen, Joël Hubaut, Jacques Julien, Guillaume Pinard et Taroop & Glabel, par l’Artothèque du Limousin en partenariat avec La Bfm (Bibliothèque francophone multimédia) de Limoges et Semiose éditions, dans le cadre de la manifestation Quartiers d’Hiver.


La question de la relation quotidienne avec l’œuvre d’art est au cœur du partenariat actif entre l’Artothèque du Limousin et la Bibliothèque francophone multimédia. Cette préoccupation  trouve tout naturellement son prolongement dans la carte blanche offerte à Semiose, galerie engagée depuis longtemps dans la diffusion la plus large possible de l’art contemporain.
L’idée est de proposer au grand public des œuvres d’art contemporain accessibles : accessibles bien sûr avec la qualité et la diversité des démarches artistiques choisies par Semiose, accessibles aussi parce qu’elles sont diffusées à des prix étonnants en regard de l’idée souvent préconçue que beaucoup d’entre nous ont du «marché de l’art ». Montrées et vendues sur place pendant la manifestation, ces œuvres continuent d’être diffusées par Semiose. Un exemplaire de chaque œuvre a intégré la collection de l’Artothèque.

 

 

 

 

Image Toujours ou Jamais Marc PatautToujours ou jamais
Marc Pataut
. Editions Liénart, 2009


En octobre 2003, dans le cadre d’une convention de jumelage « Culture à l’hôpital » avec le CHU de Limoges, l’Artothèque du Limousin invite Marc Pataut, artiste enseignant la photographie à l’École des beaux-arts de Paris, à pénétrer, à résider dans l’hôpital, de façon à ce que sa parole, son œuvre, s’y construise, fondée sur la rencontre avec la parole des patients.

« Lorsque j’entreprends un projet, je travaille, les gens travaillent. Le temps me permet de comprendre, de changer de position, mais il permet aussi la même chose à autrui. C’est un aller-retour. »

« Après vingt-cinq ans de pratique, je sais mettre les gens en situation de parler, mais ce qui m’intéresse c’est que cette parole soit revendiquée, qu’elle ne soit pas une parole simplement captée ; c’est de faire en sorte que les gens aient envie de produire cette parole, cette forme que l’on va construire ensemble...» . Marc Pataut

Toujours ou jamais - Manteau -


Toujours ou jamais, en savoir plus

Ces échanges, ces allers-retours dont parle Marc Pataut, vont également impliquer les familles des adolescents concernés. La qualité de la collaboration avec le chef de service de pédopsychiatrie, Jean-François Roche, et l’ensemble de l’équipe soignante, associés dès le début au projet et partenaires indispensables de la réalisation, a été déterminante.
« La place de l’artiste est tout à fait fondamentale dans ce lieu pour ces adolescents… Cette rencontre se situe dans un champ extérieur au thérapeutique. Ambigu, car les adolescents participent à cet atelier du fait même de leur pathologie, cet espace est une préforme d’expérience culturelle dans sa dimension d’intimité parce qu’universelle et d’universalité parce qu’intime ; préforme car, pour ces adolescents, cette rencontre est impossible dans leur vie ordinaire et quotidienne. »
Professeur Jean-François Roche

 

Marc Pataut va intervenir pendant trois ans. Chaque mois, il travaille pendant plusieurs jours avec les adolescents hospitalisés. Il installe son matériel dans la salle d’activités, où auront lieu les principales séances de portraits, mais circule aussi dans le reste du bâtiment, cuisine, salle commune, terrasse, jardin — à l’exception des chambres, et de l’étage qui accueille de plus jeunes enfants. Au moment des premiers contacts, la majorité des adolescents qu’il rencontre sont victimes de troubles du comportement alimentaire. Au fil du temps, cette unité de soins va s’ouvrir à des adolescents victimes de toutes sortes de souffrances psychiques.

 

Fin 2006, le projet éditorial, pensé dès le départ comme la forme principale du travail, va commencer à se mettre en place. Il faudra deux ans avant de pouvoir finaliser l’ouvrage à la fois pour penser la forme artistique (plus de 9000 images produites) et pour rechercher les partenariats nécessaires (mécénat). L’ambition de ce travail a été de faire en sorte qu’une pensée, une production artistique, fondée dans un hôpital, ne reste pas uniquement dans le champ du «social» mais qu’elle puisse trouver un écho plus large, et acquérir la dimension universelle de toute œuvre d’art.

 

Le livre

Couverture du livre Toujours ou jamais, MArc Pataut, Editions Liénart, 2009

Toujours ou jamais, le livre produit à l’issue de la résidence, publié par les éditions Liénart, mêle les photographies réalisées
par l’artiste aux clichés pris par les adolescents.
Il comprend également de nombreux textes :
- une chronique des séjours de Marc Pataut dans cette institution, avec des extraits du journal de l’artiste ;
- un texte de Jean-François Roche, pédospychiatre en charge de ce service ;
- une lecture des images par Maurice Corcos, psychiatre, psychanalyste, chef de service à l’Institut Montsouris ;
- le regard de Véronique Nahoum-Grappe, anthropolgue ;
- et un texte critique de Jean-François Chevrier, critique d’art, historien de la photographie.

 

Le livre est disponible en librairie, ou sur demande auprès de l’Artothèque du Limousin, au prix de 39 €.


Les textes


Virginie, photographie extraite de Toujours ou Jamais

 

 

 

Image extraite du l'ouvrage Toujours ou Jamais

 

 

 

Florian, photographie extraite de Toujours ou Jamais

 

 

Le livre comporte plusieurs textes produits par les adolescents et des échanges avec des soignants constituant des témoignages directs ou indirects de l’expérience, ci-dessous des extraits choisis.


Philippe Vigouroux a été directeur général du CHU de Limoges de 2004 à 2008. Il a accompagné et soutenu le projet aux côtés de l'Artothèque du Limousin. Il est aujourd'hui directeur général du CHU de Nancy.

«L’hôpital ne s’arrête jamais. Lieu du service public par excellence, l’hôpital est toujours accueillant, toujours prêt pour les petites et grandes détresses. Un monde de vitesse fait pour le cinéma, pour les reportages d’action, ou les fictions sur les services d’urgence. Ballets d’internes, noria d’ambulances, décisions rapides, gestes incisifs, opérations in extremis, course pour la vie en somme.

Dans cet univers du mouvement, un artiste arrive, grâce au programme « Culture à l’hôpital » et à notre partenariat avec l’Artothèque du Limousin. Cet artiste est photographe, il est symboliquement l’homme qui prend le temps, fixe les choses.

Il prend le temps de comprendre les rites parfois déroutants de la tribu hospitalière. Puis il se tourne vers l’essentiel, le patient. Ici, en psychiatrie, le patient est l’adolescent qu’il faut accompagner sur la durée, dans la patience, sans attendre de guérison subite. Le mal, s’il se soigne, prend lui aussi son temps.

Trois années de résidence… L’artiste, Marc Pataut, choisit une approche modeste. Il sait, comme les psychiatres eux-mêmes, que la modestie est la condition de l’efficacité. (...)

Le résultat est doublement intéressant. D’un côté, les hospitaliers ont pris le temps de s’arrêter dans leur course, ils ont perçu leur quotidien sous un jour nouveau, ils ont découvert le travail de l’artiste et une nouvelle forme de langage chez leurs patients. De l’autre côté, les jeunes se sont révélés photographes et poètes. » (...)

Philippe Vigouroux, extrait de la préface de Toujours ou jamais, 2008.

 

Pédopsychiatre, Jean-François Roche a exercé au CHU de Limoges puis au Centre Hospitalier Spécialisé Esquirol. Il a été rapidement convaincu que la présence et le travail de Marc Pataut pouvaient faire émerger de nouvelles formes d’expression.

« Le travail sur le corps et sur son identité, exprimée à travers le corps montré, n’est pas typiquement anorectique. C’est une problématique humaine en général et plus particulièrement aiguë à l’adolescence. Marc s’est retrouvé avec des adolescents qui n’avaient pas tous des troubles du comportement alimentaire. Ils ont pu adhérer à ce que Marc leur donnait à voir de sa pensée, de sa dimension de créativité autour de ce qu’est la représentation. En effet, son apport aux adolescents est bien son travail sur la représentation et non pas sur l'image. »


« Un des moments passionnants du travail de Marc, c'est la réalisation des murs d’images. Il ne fait rien d’autre que mettre des photographies les unes à côté des autres. Si je prends l'exemple du montage réalisé avec les photos de Virginie : la juxtaposition permet de sortir de la représentation unique, de ce geste consistant à se tailler les veines. Quand on connaît l’histoire de Virginie, ce qui est intéressant, c’est qu’elle se photographie non pas en train de se mutiler, mais en train de faire le geste de se mutiler. Ce qui n’est quand même pas la même chose.

En fait, je pense que l’art-thérapie n’existe pas. Prenons l'exemple tout à fait extraordinaire de Mathilde photographiant ses vêtements sur son lit. La jeune fille parvient à ce moment-là à quelque chose d'extrêmement chargé émotionnellement pour les gens qui la connaissent. Cette photo apporte un certain nombre de réponses, mais parallèlement ce n’est pas cela qui l’a soignée. Mathilde n’était pas dans une thérapie quand elle l'a réalisée. Cette photographie dit quelque chose qui a à voir avec sa sensibilité, avec ses perceptions… C’est d'une certaine manière une représentation qui parle d’elle, de sa vie d'adolescente, mais qui ne parle pas d’elle dans son traitement d’adolescente anorectique. Il est pourtant évident que l'image parle d'elle en tant qu'anorectique, de son corps, d’un corps qui disparaît, d'un corps qui se dissout. Mais les questions « Pourquoi est-ce que vous en arrivez à faire cette image-là ? », « Qu’est-ce que ça peut bien vouloir signifier ? », « Quelles sont les associations que vous faites ? », « À quoi ça vous fait penser ? », etc., ne relèvent pas de cette démarche. Il faut simplement regarder l'image produite. Comme toute expression, elle suscite en nous un certain nombre d’émotions. Ce sont ces émotions que l'on va pouvoir utiliser ensuite. Quand je vais parler de la photo de Mathilde, je vais parler de moi regardant cette image."

« On n’a jamais défini un espace en disant « Voilà, c’est l’espace de Marc, et la porte est close pendant quarante-huit heures, il faut tout ranger parce qu’il va arriver ». Il s’est installé au milieu de ce qui préexistait. C’est tout l’intérêt de cette idée d’interaction que j’évoquais. Placé dans cet espace, qui sans être aseptisé, sans être un espace soignant, est un des espaces de vie de l'institution dont une des fonctions principales est d’être soignante, l'artiste va interpeller et être interpellé. »


Morgane a été hospitalisée durant trois ans environ, d’abord en hospitalisation complète, puis pour un suivi hebdomadaire avec le docteur Roche. Présente lors des premières interventions de Marc Pataut, elle s’est d’abord tenue à l’écart avant de s’impliquer de plus en plus résolument dans le projet. Aujourd’hui elle a repris ses études et termine une licence de lettres.

« Il y a mon corps abîmé, échoué sur une chaise inconfortable. Derrière lui, une large tenture noire ; devant lui, un appareil photographique géant. Dissimulé sous les plis d’un voile obscur, un photographe. Si l’on a pensé que me photographier pouvait avoir son utilité, c’est peut-être parce que, selon un point de vue bien spécifique, on a cru que j’étais à même d’apporter quelque chose de sincère, de beau ? J’ai horreur d’être photographiée, filmée, de voir mon image s’imprimer sur toutes sortes de supports, contempler le reflet de ce que j’abhorre le plus au monde. Disons qu’à cet instant précis, je n’étais plus confrontée à moi-même, mais au regard de l’artiste. J’avais davantage confiance en Marc qu’en moi-même, comme s’il avait la faculté de dompter ce corps que je ne contrôle plus, dont je ne parviens pas à effacer les épreuves du passé et du présent. Sans avoir à me surveiller dans l’ombre d’un miroir, j’avais le sentiment de lui donner ce qu’il attendait de moi. Il y avait comme une intimité entre le photographe et ce personnage aux multiples facettes, tantôt romantique, tantôt exotique, dont j’accaparais les regards et les attitudes. J’avais l’impression de connaître la clé de ce que Marc recherchait en moi ».

 

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